Semaine du 04 au 07/03

 

 

  Lundi 04/03

 

 À l'aube, grâce à un vent favorable, nous sommes réveillés en fanfare par l’appel à la prière suivi de près par le braiement des ânes et les cris de toute la ménagerie.

 Si vous voulez entendre l'appel à la prière comme si vous y étiez : heure-de-la-priere.gif

 Il y a cinq appels à la prière répartis dans 24 h.

 Les moments des différentes prières musulmanes sont déterminés par la course du soleil, conformément à la tradition islamique :                                                                         

                                                                           Vous pouvez les voir dans le disque :

Voilà la traduction de ce chant :

 "Dieu est le plus grand, Dieu est le plus grand. Dieu est le plus grand, Dieu est le plus grand. 

 J'atteste qu'il n'y a de divinité que Dieu, J'atteste qu'il n'y a de divinité que Dieu. 

 J'atteste que Mouhammad est l'envoyé de Dieu, J'atteste que Mouhammad est l'envoyé de Dieu.

 Venez à la prière, Venez à la prière. Venez à la Félicité, Venez à la Félicité.

 Dieu est le plus grand, Dieu est le plus grand. Point de divinité en dehors de Dieu"

 Certains Muezzins mettent, en préalable :

 "La prière est meilleure que le sommeil, La prière est meilleure que le sommeil

 Les cinq étapes de la prière :

 

 Après quelques tentatives pour se rendormir, des sirènes viennent sonner la fin de la nuit.

 On apprendra plus tard qu’il s’agissait des sirènes du convoi d’un ministre qui venait d’arriver par avion.

 Tout est compliqué ce matin… A peine Sadiouma nous a-t-il apporté nos seaux pour la toilette, que déjà les enfants viennent les chercher pour arroser les plantations.

 Et oui ! Tout manque et les seaux sont recherchés pour différentes tâches ménagères.

 Nous décidons de faire la dépense de deux seaux afin de disposer d’eau toute la journée.

 Départ pour Tamba. 

 Je laisse Benoît chez Dimambo et je vais à la poste en passant par le raccourci de la gare.

 Je découvre là des étals qui vendent des choses un peu particulières comme des cornes de différents animaux, des vieux pneus, des peaux de bêtes et même…

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                                       ... une tête de singe !

Que peut-on bien faire avec une tête de singe ?

Je prends la photo.

Comme d’habitude, on me demande quelques pièces pour cette photo. 

 

 Après avoir posté notre courrier, je pars retrouver Benoît.

 En chemin, deux gamins viennent me dire (comme dix fois par jour) « toubab cadeaux ». Fleche 2

 Maintenant je ne donne plus d’argent car il y a quelque chose de malsain dans cette charité ; je donne des biscuits, au moins ce n’est pas le marabout qui en profite.galette-de-saint-evarzec.png

 De bonnes galettes Bretonnes, et même fabriquées à Saint Evarzec (à 5 km de chez moi), achetées à Tambacounda 1000F soit 1€50... oui, oui des galettes de Quimper achetées à Tambaconda.

 A peine ai-je sorti mon paquet de gâteaux du sac à dos, que plusieurs autres enfants arrivent.

 Je suis obligé de faire la loi car c’est un peu la bousculade.

 Je n’ai pas fini de distribuer mes biscuits, qu’un jeune homme me quémande un gâteau et un peu plus loin une dame, qui a vu la distribution, en fait autant ; je lui explique qu'il n'y en a que pour les enfants.

 J’arrive chez Dimambo : Benoît a presque fini mais il n’a pas tout trouvé, ce qui nous oblige à aller chez un autre fournisseur. Deux pas plus loin, on trouve ce qui nous manque.

 On prend un taxi pour rentrer et sur la route du retour, on s’arrête prendre de l’essence pour le groupe électrogène et 40l d’eau pour notre consommation personnelle de la semaine. A raison de 2 à 4 l par jour et par personne, ça va vite.  

                                                                                                                       

 Retour au campement pour le repas puis nous attaquons les travaux.

Petit aperçu de la disposition des pièces de la maison de l'infirmierPlan simplifie maison de l infirmier 2

 Le schéma électrique est relativement simple car il n’y a besoin que d’une ou deux prises par pièce, un point lumineux avec son interrupteur, 2 va-et-vient, un éclairage extérieur, des boîtes de jonction et bien sûr un tableau général avec les disjoncteurs.

 On commence par creuser au burin l’emplacement des prises et interrupteurs.

 Ensuite on passe aux saignées pour les fils dans les murs et le sol.

 

 Quelques enfants du village viennent nous aider et ne ménagent pas leur peine.

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 La qualité des outils est déplorable, notamment un marteau que l'on vient d'acheter et qui se démanche.

 On s’aperçoit que le manche qui rentre dans la panne (partie métallique) est trop court.

 Je retaille l’extrémité du manche, remboite la panne et, avec un morceau de métal, j’écarte le bout du manche pour coincer la panne.

 Rien à faire, après quelques essais la panne fiche le camp.

Aliou, qui nous a rejoints, fait des essais pour l'emboîter de nouveau, tant et si bien que la panne, pourtant en métal, se casse en deux…

 On s’apercevra plus tard que tout le matériel est du même niveau de qualité : manche de tournevis qui tourne mais pas la lame, tournevis qui s’émousse, le bout de la pelle se tord car la tôle est trop fine…

 Au début nous avions envisagé de louer une tronçonneuse pour faire les saignées dans les parpaings mais l’objet est introuvable dans la région, nous avons donc pris la décision de creuser au burin.

 La tâche s’avérait difficile.

 Mais heureusement pour nous, les parpaings sénégalais n’ont pas la dureté des parpaings français ; il faut même faire attention de ne pas taper trop fort.

livraison-d-eau-3.jpg

 

 Doua, le maçon, a besoin de beaucoup d’eau pour faire son béton.

 

 Or ici, pas d’eau au robinet !

  Ce sont les femmes qui ont la lourde tâche d’approvisionner les tonneaux.

 

 

  Comptez le nombre de voyages qu’il faut faire pour remplir un tonneau de 250 litres avec une bassine de 20 litres sur la tête, du puits n°2 jusqu'au chantier à 150 m. Suivez leur trajet en pointillés verts :

trajet-des-femmes.jpg

Fleche 2

 A peine ont-elles rempli le tonneau que les ânes y viennent s’abreuver.

pique-assiette.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Autour du puits n° 2

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De 13h45 à 17h, on a consommé chacun 2l d’eau et réalisé une bonne partie des saignées.

 Retour à la case pour une bonne douche... au seau !

 Kaly nous emmène pour voir la fête d’un baptême et rendre visite à son oncle.

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 C’est une grande fête, les femmes sont dans leur plus beau boubou.

 Les invités sont autour d’un petit chapiteau qui abrite… une sono... qui hurle !

 le-bapteme3.jpgFleche 2

 Les seuls vrais musiciens que nous ayons vus, ce sont les Grillots qui font danser Benoît.

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 Observez le fonctionnement du kalimba :

 La main de droite fait vibrer trois lamelles métalliques et sous l'instrument, les doigts de la main gauche, glissés dans des cartouches vides, qui viennent taper en rythme  sur la demi-calebasse.

Quelques sagesses africaines humoristiques...

http://www.youtube.com/embed/p5_JikG9oI4

 

les-griots1.jpg 

 Ensuite nous partons, à pieds, à quelques pâtés de maisons plus loin, rendre visite à un oncle de Kaly.

 En chemin nous longeons un « stade » où a lieu un match de foot.

 On regarde quelques instants ces joueurs avec de belles tenues mais jouant pieds nus pour certains.

le-match-de-foot3.jpg le-match-de-foot6.jpg

 

 

 

 

 

 

 A un moment, le match est suspendu car un troupeau de chèvres traverse le terrain.

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 Nous poursuivons notre chemin et arrivons dans une famille très nombreuse. Il y a là une quinzaine de personnes qui vivent dans une modeste maison.Fleche 2

 Kaly est très content de présenter ces blancs qui viennent dans son camp pour travailler sur le chantier.

 C’est le taxi d’Adama (le frère de Kaly) qui vient nous chercher pour rentrer au camp.

 Après le repas les enfants viennent jouer avec nous...

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                                          ... Ou plutôt avec les lampes frontales et appareils photos.

 Je laisse Benoît et retourne à la case.

 Allongé sur le lit, éclairé à la lampe frontale, j’écris quelques lignes en transpirant doucement.

 

 Le mardi 05/03

 Ce matin nous partons de nouveau à Tamba pour compléter nos achats de la veille.

 Mais là, il y a trop de choses pour nos petits bras.

 Il va falloir traverser une partie de la ville avec plein de matériel, du coup on décide de garder le taxi pour toute la matinée.

 Le matériel pour l’électricité : câbles, gaines, prises, interrupteurs, douilles, Le matériel pour la plomberie : les canalisations d’arrivée d'eau, les tuyaux d’évacuation, siphons, robinets, wc …

 Bref, 6 quincailleries plus tard, nous avons réuni le matériel mais il nous faut encore aller chercher un escabeau et quelques outils au local ICD.

 Le véhicule chargé à ras bord jusque sur le toit, nous rentrons à la maison.

 En début d’après-midi, on commence par réparer les canalisations de nos blocs sanitaire car depuis le début de notre arrivée une désagréable odeur d‘égout nous chatouillait les narines.

 Normal ! les tuyaux de vidange de nos deux lavabos, de diamètre 40mm (après le siphon,) plongent dans un tuyau diamètre 100mm, ce qui laisse un trou béant en liaison direct vers la fosse.

 Quelques tuyaux et raccords de jonctions (40/100) adaptés plus tard, nous avons l'étanchéité.

 On passe sur le chantier faire quelques saignées jusqu’à 18h30 puis une douche avant le repas.Fleche 2

 

Le mercredi 06/03

 Nuit difficile, très chaude.

 Ne pas trop bouger.

 Je sens la sueur qui me colle au drap.

 Vers 3h du matin la température tombe un peu.

 Le matelas mousse (à empreinte de formes) se creuse de + en + et je sens bien les bambous qui tressent le sommier.

 Ecoutez les bruits de la nuit (mettre le son très fort) : 

 Les bruits au petit matin :  

 Un coq chante et les femmes sont déjà au travail à piler le grain :                                                                                                                    

 Reprise du chantier vers 9h. Julien vincent 3

 On finit les saignées et l’emplacement du coffret électrique.

 Arrivée de Boubacar avec deux bénévoles, frères jumeaux : Julien et Vincent.

 Nous parlons des travaux en cours et des interventions qu’ils vont mener.

 Ils vont donner quelques cours au collège et s’investir au niveau de l’orphelinat.

 Ils  comptent séjourner à Tambacounda dans notre ex logement à ICD.

 Boubacar les ramène à Tamba.

 Pour les après-midi suivants, compte-tenu de la chaleur de 13h à 17h, on décide qu’ils seront consacrés à d’autres activités que le chantier.

 Donc on s’attaque à la réparation de la pompe.

 Elle avait été achetée par ICD pour tirer l’eau du puits afin d’alimenter le campement, via un mini château d'eau.

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 Après un petit nettoyage de la pompe, on passe à un essai avec le groupe électrogène (lui aussi acheté par ICD pour faire fonctionner la pompe).

 Dès les premiers essais le groupe disjoncte !

 Benoît branche le multimètre (apporté de France) pour évaluer la consommation de la pompe.

 Très vite les mesures montrent que le groupe est inadapté, beaucoup trop faible et ne pourra jamais faire fonctionner cette pompe.

 

 

 La chaleur ayant baissé un peu, nous repartons sur le chantier.

 On scelle les boîtes des prises et interrupteurs, on passe tous les fils pour les prises…

 

benoit-et-ses-aides3.jpg

 Des enfants du village, ainsi que le fils de Kaly et son neveu, Abdou et Aliou, viennent nous aider.

 Fin des travaux vers 18h30.Fleche 2

 Douche, écriture, repas en compagnie d’amis de Kaly et discussion autour de la bougie.

 Kaly nous propose de nous emmener visiter son village Sare Bassi, à 2h de route.

 Nous dormirons à la belle étoile dans le village, nous rencontrerons sa famille et visiterons les villages avoisinants.

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Des bruits de grattement me réveillent dans la nuit.

Je cherche à plusieurs reprises avec ma lampe d’où ça peut venir.

Après plusieurs tentatives, je découvre que ça vient de mon sac à dos posé sur le sol.souris-blanche.jpg

J’éclaire l’intérieur et une petite souris blanche s’enfuit dans un trou au bas du mur, elle a été attirée par mon paquet de galettes.

J’accroche le sac sur le dossier de la chaise. Rien à faire, quelques minutes + tard, elle a retrouvé le chemin. Ce coup-ci j’enferme mes biscuits dans la valise et je peux finir ma nuit.

Décidément les galettes de Saint Evarzec ont du succès !

 

 Le jeudi 7

Sur le chantier : pose des gaines pour l’éclairage et les interrupteurs.

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Après le repas, départ pour Tamba.centre-hospitalier-4.jpg

Sur la route on passe devant l'hôpital de Tambacounda

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Un peu plus loin des enfants jouent au babyfoot sur le trottoir

Fleche 2

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Arrivé à Tamba on rend visite à notre fournisseur préféré, Dimambo, et on fait l'achat de deux seaux pour nos sanitaires.

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En passant dans une rue deux gamins, nous disent « Toubabs cadeaux », en nous tendant leur boîte de conserve vide.

Benoît a le réflexe d’en faire autant avec ses deux seaux de 20l.

Un des gamins, décontenancé, prend une pièce et la jette dans le seau.

Après avoir bien ri Benoît lui redonne sa pièce et ils sont récompensés par un biscuit.

Nous poursuivons notre chemin jusque chez les jumeaux pour discuter un peu.

Ils sont profs, l’un de maths, l’autre d’EPS, mais ils alternent enseignement et voyages dans le monde entier.

Ils vont aider dans des orphelinats, des écoles, enfin partout où on a besoin d’eux.

Nous récupérons des matelas pour notre futur week-end en pays Sare Bassi. 

 Retour au campement.

 

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